J’ai pu assister tout à l’heure aux conférences de presse accordées par les deux équipes, après le double.
Conférence de presse - Equipe d’Australie
Rien d’exceptionnel à signaler durant les 5-10 minutes de cette conférence de presse; à la sempiternelle question “qui allez-vous faire jouer demain”, John Fitzgerald, le capitaine australien, s’est contenté de répondre gentillement qu’il en discuterait ce soir avec son équipe et qu’ensuite seulement la décision serait prise. La réponse étant immanquablement la même, je me demande pourquoi les journalistes posent encore la question.
Paul Hanley, dont c’était le tout premier engagement en Coupe Davis, s’est dit un petit peu nerveux en début de match mais pas assez pour en perdre ses moyens. D’ailleurs, les avis sont unanimes: il a montré un jeu appliqué et délivré une partie tout ce qu’il y a de plus sérieux.
En revanche, il a souligné à quel point la foule était bruyante et l’ambiance extraordinaire autour de lui.
“J’ai essayé de faire abstraction de tout cela et de prendre ce match comme un match normal.”
Conférence de presse - Equipe de Suisse
A quelques minutes d’intervalle, l’équipe suisse succède aux Australiens, alors que Paul Hanley (au téléphone avec son épouse) et Todd Woodbridge traînent encore dans la salle…
L’atmosphère devient plus pesante tout d’un coup, c’est logique. Yves Allegro, qui a un peu craqué nerveusement à l’issue de la rencontre, semble remis. Stan Wawrinka, même s’il est très déçu, se dit déjà pleinement concentré sur son échéance de demain.
Alors que j’étais resté, depuis septembre dernier, avec une image en tête d’un garçon plutôt timide, parlant peu, s’exprimant avec difficulté en anglais, c’est un tout autre homme que j’ai pu observer aujourd’hui. Prenant spontanément la parole, en français, répondant à toutes les questions, y compris celles qui ne lui étaient pas destinées, parfois en coupant la parole à ces coéquipiers, il n’a pas montré le moindre complexe.
Il faut dire aussi qu’il était plutôt remonté. A la surprise générale (en tout cas à la mienne), il a profité de la conférence de presse pour régler ses comptes avec… la presse. Je vous transcris ici la conversation de mémoire.
Stanislas Wawrinka: “Moi j’ai une question à poser. Est-ce que la Tribune de Genève est ici?”
[silence]
Une petite voix dans le fond (un journaliste de la Tribune): “Euh… Oui.”
S.W. (brandissant l’édition d’aujourd’hui de la Tribune): “C’est vous Edmée?”
Le journaliste: “Non.”
S.W.: “Vous connaissez Edmée?”
Le journaliste: “Oui.”
S.W.: “Est-ce qu’il est ici?”
Le journaliste: “C’est une femme.”
S.W.: “Ah c’est une femme. Est-ce qu’on peut me la présenter?”
Le journaliste: “Oui.”
S.W.: “Après cette conférence de presse?”
Le journaliste: “Elle n’est plus ici mais elle viendra demain.”
S.W.: “Bien.”
Le journaliste: “Je n’ai pas lu ce qu’elle a écrit mais vous savez, il faut prendre ça au second degré.”
S.W.: “Au second degré? Quand quelqu’un vous casse dans son article, casse l’équipe, casse Rodgeur, casse les athlètes suisses aux JO, vous voulez que je prenne ça au second degré? C’est bien, continuez comme ça à casser les sportifs suisses au lieu de les soutenir!”
[resilence]
Vous l’aurez compris, le garçon a peu apprécié l’article de cette Madame Edmée paru aujourd’hui en page 18 de la Tribune de Genève, même si lui-même n’est pas directement en cause. Après lecture, je peux le comprendre. Ironiser sur notre héros national en parlant de “son Altesse Sérénissime qui fait sa sucrée en refusant d’aider son pays”, c’est tout ignorer du tennis et surtout de Rodgeur. Personnellement, je n’y vois aucun second degré. Pour que vous puissiez vous faire une idée, voici l’article en question.