Je pose la question d’entrée de jeu: Olivier Rochus et Arnaud Clément, respectivement 1m65 et 1m72, ont-ils encore une chance face aux géants du circuit?
Aujourd’hui, les 180 centimètres d’André Agassi paraîtraient un peu justes face aux 193 centimètres d’un Safin ou d’un Ljubicic, aux 195 centimètres d’un Berdych ou d’un Ancic. En fait, personne ne semble plus s’étonner de voir évoluer des joueurs de plus d’1m90; c’est presque devenu la norme.
Mais il y a plus grand encore: Ivo Karlovic (2m08), Chris Guccione (2m00) et les deux “petits” nouveaux, Sam Querrey (1m98) et John Isner (2m05).
Malgré un classement modeste (ATP 416), ce dernier s’est fait un nom sur le circuit cette semaine en passant une ribambelle d’aces à Washington, pour son deuxième tournoi ATP seulement! Bénéficiaire d’une wild card, l’Américain a la chance d’affronter aujourd’hui Andy Roddick en finale. Les balles vont souffrir!
L’atout principal d’Isner: le service évidemment. Il tient une moyenne de 30 aces à Washington (132 au total).
Il y a seulement deux semaines, il était encore 745ème au classement. Une victoire en challenger lui a ensuite permis de gagner quelques places. Sa finale de Washington, il la doit… à son service… à un peu de chance (il s’est imposé à chaque fois au jeu décisif du 3ème set)… et au retrait tardif de Fernando Gonzalez. Quoi qu’il en soit, elle lui assure d’ores et déjà une place de 190ème; une victoire lui permettrait même de devenir 157ème. Tu parles d’une progression!
Gaël Monfils, qui a perdu contre lui en 1/2 finale, dit de lui: “c’est peut-être le meilleur serveur du circuit avec Karlovic. Je n’ai jamais joué un type qui servait comme ça. Avec ce service, il peut entrer dans le top 10 facilement.”
Quant à son compatriote Sam Querrey, il a claqué dix aces de suite face à James Blake à Indianapolis, un record de l’ère Open selon l’ATP. Ni Goran Ivanisevic ni Roscoe Tanner ni Boris Becker ni Pete Sampras ni même Slobodan Zivojinovic n’ont jamais réussi un pareil exploit. Certains observateurs lui prédisent également une place dans le top 10.
Alors, une grande taille représente-t-elle un avantage décisif? Pour le service sans aucun doute. Mais on dit aussi que les grands sont plus exposés aux blessures, notamment dorsales, et qu’ils sont moins vifs. Par ailleurs, le jeu monocorde d’un Roddick, essentiellement basé sur la force de frappe au service, a montré ses limites.
Il n’en reste pas moins que l’Américain performe bien en tournoi, du moins sur surface rapide ou semi-rapide et quand il ne croise pas la route de Federer. Isner semble vouloir suivre son exemple.
L’arrivée de ces nouveaux géants-matraqueurs pourrait bien relancer le débat sur la taille et la vitesse des balles, les règles au service, voire la hauteur du filet. En effet, voir passer des aces est peut-être spectaculaire au début, mais les spectateurs risquent de vite se lasser. Certaines chaînes de télévision ont d’ailleurs déjà zappé les tournois masculins pour cette raison.



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31 commentaires
Ce qui doit être énorme pour les adversaires de taille moyenne c’est de se retrouver sur la photo comme celles que tu montres.
Tu dois les regarder en levant les yeux au ciel.
C’est tout simplement énorme……
A terme, le service devra être supprimé ou les règles devront évoluer. C’est une évidence. Je doute même de la possibilité de Federer et d’autres relanceurs de son talent à pouvoir dans l’avenir concrétiser un seul break face à de tels serveurs. En travaillant suffisamment le service, ces joueurs peuvent en effet garder la même constance tout le match; la génération future est prête, on a à mon avis de grandes chances de voir arriver des joueurs de plus en plus grands sur le circuit. Le service va tuer le tennis si rien n’est fait. On avait déjà vu les prémisses avec l’arrivée des services volées, et le ralentissement des surfaces tel qu’à wimbledon ne pourra lutter contre cela: le carré demeure le même et l’impact suffisamment violent et loin du relanceur pour qu’il l’empêche même de toucher la balle. C’est sans doute le vrai problème du tennis moderne car, s’il est vrai que l’on peut à la limite apprécier un ace ou un service volée lorsqu’il est réalisé sur une balle de break, il est certain que le public ne pourra supporter des jeux sans échanges. Je trouvais déjà décevants des matchs de serveurs volleyeurs (type Patrick Rafter); à l’heure actuelle, la situation est bien pire. Le public va déserter les stades si on lui propose des matchs sans teneur, avec l’impression qu’un jeu sur deux, un joueur demeure sur le terrain et l’autre est parti au vestiaire. Par où passera l’aspect athlétique du tennis? Le match Roddick - Karlovic m’a déjà en partie dégoûté de l’évolution actuelle du sport, il faut à tout prix que la fédération internationale réagisse.
Dans le tennis moderne, il y a ceux qui se plaignent que les Nadal gagne Roland Garros, ceux qui se plaignent que les Roddick et les Querrey et les Karlovic avancent sur herbe et dur au service et rien d’autre… On disait déjà ça à l’arrivée de Becker (service) ou Agassi (bourrin de fond de court). Et puis Becker et Agassi ont eu des super carrières en prouvant leur talent, on a eu Sampras et Federer qui jouent un tennis de rêve, et Karlovic ne sera jamais dans le top 10. Ils peuvent servir aussi fort qu’ils veulent, un relanceur doué au bout d’un set les bananera toujours. Détendez-vous les gars.
Je ne suis pas tout à fait daccord avec toi Alex.
Le plus chiant c’est d’avoir de très grands serveurs qui ne savent rien faire d’autre. Rafter lui avait une volée exeptionnelle, j’aimais voir ses matchs. En plus de nos jours on n’a que des joueurs qui joue du fond du court alors quand un monte je ne me plains pas.
Et ceux qui servent le plus fort ne sont pas forcément les meilleurs serveurs.
C’est clair qu’à l’époque d’Ivanisevic la polémique était beaucoup plus forte !
Complètement d’accord avec Mr Pyer concernant Rafter qui était un joueur que j’adorais (bien plus belle volée que Sampras)
Oui, bien sûr, le fait de préférer un jeu de fond de court ou un service volée est une affaire de goûts. En réalité, à l’époque, le jeu de Rafter me lassait car je savais qu’il allait monter après son service, et ça m’agaçait. Mais je comprends très bien que ça passionnait aux contraire de nombreuses personnes au sens où la volée est un coup très dur à réaliser et totalement imprévisible. J’aimerais tant à l’heure actuelle voir à la place de Karlovic un Rafter! Aujourd’hui, je m’interroge sur ces grands serveurs, qui, désolé François, sont bel et bien inquiétants car l’évolution dans ce domaine est tout simplement stupéfiante. Cela étouffe carrément un match. Et, si tu vas dans un centre d’entraînements, et que tu questionnes un préparateur physique sur le temps alloué au service, c’est tout simplement dingue. Je ne dis pas cela par hasard, c’est un fait. Qu’il reste toujours des relanceurs capables de gagner face à des cinglés du service, je te le concède à la limite mais je n’en suis pas si sûr, non pas par pessimisme mais par réalisme. Une moyenne de 30 aces en trois sets, cela va devenir une norme pour certains joueurs. Le tout réside dans la manière de gagner. Je préfère voir la victoire de Federer face à Nadal, que de voir Federer attendre tout un set face à un serveur le coup de grâce sur un retour gagnant qui lui fera remporter le match. Et là, la plupart des spectateurs sont d’accords sur ce point, donc cela risque bien de nuire au tennis, ce n’est pas de la fiction. En réponse à mr_pyer, un joueur qui sert fort n’est pas forcément un bon serveur: oui, tout à fait d’accord, les exemples sont nombreux. Je suis également heureux de voir un joueur monter à la volée de nos jours. En revanche, un joueur de grande taille (aux alentours des 2m)- et pourtant je suis grand aussi - s’il bosse son service, peut tuer un match, même s’il y aura toujours un Federer pour le battre. A lire François, j’ai l’impression qu’entre le match et le score, le plus important est le score. En ce qui me concerne, le score m’est complètement égal, si je peux voir un beau match.
Je m’intéresse aussi plus au match, mais je ne me souviens pas dans quel dernier quart de finale de grand chelem ou en quelle finale de Masters Series j’ai vu Guccione ou Karlovic… Les premiers tours avec des joueurs moyens sont mauvais de toutes façons, je ne les regarde pas, alors qu’ils soient mauvais en arrosant du fond ou en démolissant les balles au service, ça m’est un peu égal.
On pourrait imaginer supprimer la deuxième balle de service car mis à part Sampras (qui faisait cependant pas mal de doubles fautes), il n’y a pas beaucoup de joueurs qui passent des aces sur seconde.
Je ne fais qu’ajouter une idée, moi je ne m’inquiète pas de cette tendance (c’est pas efficace, ok tu gardes souvent ton service mais tu ne break jamais alors…), Santoro a bien battu Karlovic à Wimbledon.
oui franchement à l’époque d’Ivanisevic, Stich, Krajicek, Forget, Becker, Zivojinovic, Schapers, Curren et autres, c’était inquiétant mais ça n’a plus rien à voir.
Comme l’a dit Mr Pyer, Santoro a bien battu Karlovic à Wimbledon.
Aujourd’hui les balles rendent plus difficile d’être un très gros serveur, et en plus, les joueurs trop limités en dehors du service ne peuvent plus gagner des jeux de retour avec que des chips de défense et des “chip and charge”.
Franchement maintenant pour ceux qui aiment les volées, et ils sont nombreux, il faudrait plutôt préserver le service pour permettre à des Rafter et autres Edberg de revenir nous enchanter.
Non mais Olivier, t’es pas sérieux?
Tu voudrais quoi encore? Ralentir les balles et les terrains encore plus que ca n’a été fait? Tu voudrais supprimer la deuxième balle de service? Pourquoi ne pas rendre obligatoire le service à la cuillère, afin de supprimer tout espoir au joueur suffisamment couillon pour croire qu’être le serveur était un avantage au tennis? On pourrait aussi rendre obligatoire les raquettes en bois. Et puis faire perdre le point directement à tout serveur ayant l’outrecuidance de servir au-delà des 200 km/h…
Franchement, à voir le jeu de Wimbledon sans cesse ralenti, à voir le nombre de tournois sur moquette se réduire comme peau de chagrin, à voir les surfaces indoor sans cesse ralenties également pour permettre soi-disant à chacun d’exprimer son jeu, on ne fait qu’aller dans le sens de ce qui est en train d’étouffer le tennis : la standardisation des jeux, la monocordisation des joueurs… Tout le monde semble s’inquiéter de la disparition des vrais serveurs-volleyeurs… cherchez l’erreur…
La statistique annuelle des aces est éloquente: Ivanisevic a dépassé 1600 aces (sauf erreur en 96)… on est très, très loin de ce genre de score actuellement, même avec des bombardiers comme Roddick ou Karlovic.
Halte au ralentissement. Les surfaces lentes, ca existe, il y a la terre battue. Les spécialistes de surfaces lentes, ca existe aussi, c’est très bien et qu’on leur laisse leur surface. Mais que fait-on des autres, des spécialistes des aces? On ne cesse de leur rendre la tâche plus difficile. On ne cesse en revanche de glorifier le physique, l’endurance, la course, le lift… et après, on voudrait que le tennis soit un sport propre?
Désolé, mais un Philipoussis-Federer Wimbly 03 avec bcp d’aces et de services gagnants montre un niveau de tennis tout aussi intéressant (hum, doux euphémisme) qu’un Nadal-Gaudio (Buenos Aires 05) avec des échanges de 45 minutes par point…
Ce qu’il faut pour le tennis, c’est des types de jeu variés. Que faut-il pour y parvenir? Des surfaces très différentes avec un nombre de tournois plus ou moins équivalent entre ces surfaces (on a déjà relevé je crois sur ce site la différence entre la saison sur herbe et sur terre battue…).
Les grands plus avantagés que les petits en tennis? On trouve sur le circuit des physiques très différents avec des touts petits comme Rochus et des très grands, comme Karlovic. So what? Supprimer l’avantage du service pour empêcher les grands de pouvoir s’exprimer dans ce sport? Soyons lucides: sans son service, Karlovic ne serait jamais devenu joueur professionnel. Les grands disparaitraient, car ils ne peux pas être explosifs, ils ont de la peine avec leur jeu de jambes, etc. Dans tous ces aspects, les petits sont avantagés… Viendrait-il à l’idée de qqn de changer les règles pour leur supprimer l’avantage que leur confère leur petite taille? Certes non… en revanche, quand il s’agit d’handicaper les grands, là, pas de souci!
Halte à la standardisation. Halte à la discrimination des grands. Vive les grands et leurs services qui permettent de voir de temps à autre un jeu différent du métronome de fond de court actuel.
A ce sujet, merci à Roger d’être unique et de rassembler toutes les qualités!
Ohoho !!
Olmat s’emporte !
Ce Helmat quand même, mais ce Olmot !
…
Hum, il faut bien reconnaître que ce Olmudt a raison, mais alors il a raison sur toute la ligne ! Un magnifique revers long line qui devrait laisser Alex sans réactions. En effet il est lent, Alex ! Qu’il est lent même ! Il a même 10 ans de retard ! 15 ans même ! Comme Râlmot avait raison de craquer !
Réveille-toi Alex ! Comme le souligne si justement Ulmut, on croirait lire un article de la préhistoire ! C finit l’époque des rois services volleyeurs. Ça c les Becker – Sampras (quelles belles époques pourra-t-on alors RETORQUER). Depuis, c’est le contraire prévaut – car il y a bien plus de Clément que de Karlovic. Que Alex ouvre les yeux !
Les meilleurs joueurs tendent à avoir des jeux de plus en plus complets et à se baser de moins en moins sur un coup fort, le service, et/ou un bon coup droit (genre Rosset, Ivanisevic, Krajicek, j’en passe et des meilleurs) comme au début des années 90.
C’est dû au terrible ralentissement des surfaces qui continue de prévaloir. Wimbledon ne fait que ralentir alors que Roland ne change pas. Pis que ça, si ça continue, il n’y aura bientôt plus de différences entre Roland et Wimbledon ! C’est terrible la standardisation (pour reprendre les termes si dramatiquement appropriés d’Euolmat) !
Qu’est-ce que tu veux Alex ? Qu’on ralentisse ENCORE les surfaces qui jadis étaient rapides ?
Moi j’entends plutôt les déçus, ceux dont tu ignores les souffrances, ceux qui souffrent, qui crient leur douleur, je dirai même plus, cette IMMENSE MAJORITÉ qui aimeraient tant voir des attaquants gagner à Roland.
On les entends beaucoup pourtant. De l’autre côté, y en a-t-il qui souhaitent voir des défenseurs conquérir Wimbledon ? Sans doute, drôle de question serait-on tenté de dire. OUI, SOYONS HONNÊTES, ils sont bien plus rares.
Retirons donc les bonnes leçons : si les gens du tennis aiment la variation, ils préfèrent encore les attaquants. Merci Hudtmüt de remettre Alex à sa place !
L’évolution de fond du tennis vient de l’amélioration du matériel, en particulier des raquettes. Les raquettes légères dans un premier temps ont avantagé les grands serveurs (1985-2000), et la tendance a été de ralentir légérement le jeu.
Mais à partir de 2000 est arrivée une génération élevée avec ces raquettes et on s’aperçoit qu’au final les plus avantagés sont les joueurs de fond de court qui y gagnent une puissance alliée à une précision redoutable, les rendant capables de tout renvoyer fort et bien placé. Le ralentissement relatif des courts aide encore plus cette évolution. Mais l’un dans l’autre, je trouve que le tennis s’en sort pas mal.
Je suis fan de basket aussi, et l’histoire du basket est intéressante : au départ, ce sport a été inventé pour privilégier l’adresse sur la force physique. Au final, aujourd’hui, un joueur adroit est toujours plus performant qu’un gros pataud à taille égale, mais comme disent les américains, “you can’t teach size”, la moyenne de taille des basketteurs est de 2m, et un grand poteau de 2m20 a 100 fois plus de chances d’être basketteur pro qu’un feu follet d’1m70.
Voyant cette évolution, je trouve que le tennis s’en sort bien, et je ne m’inquiète pas trop pour l’avenir, ni dans un sens (bourrin de fond de court) ni dans l’autre (grand serveur).
Alex,
Je te rejoins complètement dans ton analyse. Je pense que cette tendance, cette arrivée de très gros serveurs qui culmine aux alentours des 2 m ne peut qu’être préjudiciable. Je veux bien que chacun puisse exprimer son jeu. Le seul hic c’est qu’en dehors de cette capacité à aligner des aces à la suite, ces nouveaux ne montrent pas grand-chose en qualité de jeu. Je trouve cela creux, vide, ennuyeux. Je pense que le public notamment le non initié ou le moins initié mérite autre chose que ce genre de spectacle. Voir évoluer Federer est un vrai bonheur mais, contrairement à certains, j’apprécie aussi le jeu proposé par ceux que vous qualifiez de bourrins, de métronomes de fond de court ou je ne sais quel autre qualificatif. J’espère qu’ils continueront à être une majorité sur le circuit. Autrement, je risque de me désintéresser à tout jamais de ce sport.
J’aime bien ceux que j’appelle des bourrins de fond de court, j’en suis un à mon petit niveau d’ailleurs… En fait, j’aime tous les types de jeux sauf précisément ceux dont parlent Alex, les Karlovic et cie qui ont un énorme service et le reste du jeu du niveau d’un fond de deuxième série française. C’est peut-être un peu injuste, mais le sport est le monde de la performance pure et donc de l’injustice caractérisée : Federer et Nadal ont aussi des qualités physiques exceptionnelles, que je n’ai pas, c’est pas normal !
Je retranscris ici les propos d’Andy Roddick concernant son service et la vitesse des surfaces. Il résume parfaitement ce que je pense de la chose:
Question: Etes-vous surpris que les adversaires de Roger ne lui mettent pas plus la pression, notamment avec de chip and charge?
“Oui, ca me surprend, mais en même temps le jeu a évolué de la sorte. Il y a eu des serveurs-volleyeurs pendant longtemps et puis des gars qui étaient capables de bien retourner ont commencé à les battre. Le jeu a alors changé. Je vais être franc avec vous. Quelle est la première différence entre le jeu d’aujourd’hui et le jeu d’il y a 10 ans? Ce n’est pas le matériel. Roger utilise la même raquette que Pete. Moi-même, j’ai joué avec la même raquette pendant huit ans. Tout a changé avec l’arrivée du cordage Luxilon. Il ne vous fait pas taper plus fort, mais il vous donne un contrôle incroyable et diminue votre marge d’erreur. Avec un cordage Luxilon, vous voyez que face à mon service, James Blake est capable de retourner en toute tranquillité et la balle finit toujours sa course entre la ligne de service et la ligne de fond de court. Cela n’a plus rien à voir avec le boyau d’autrefois. Sinon, du point de vue des surfaces, tout est devenu plus lent. Et cela donne l’avantage à celui qui retourne bien et se déplace bien. Le jeu pourrait changer si vous modifiez certains éléments. Quel est l’intérêt pour moi de jouer un tournoi si j’ai le sentiment qu’il se déroule sur du sable? Les joueurs sont aujourd’hui très rapides alors si vous leur donnez en plus une demi-seconde de temps de réaction supplémentaire… Je prêche pour ma paroisse, mais interrogez Bjorkman, Henman et Ferreira et ils vous diront la même chose. C’est bizarre, il y a cette obsession de la puissance, toutes ces discussions autour du servicve, mais à l’arrivée des courses, je suis le seul gros serveur à participer au dernier Masters. Cela n’est pas une coïncidence, même si je sais qu’il ne faut pas revenir aux temps anciens. Je me souviens d’un match entre Stich et Forget où il y avait eu 14 aces consécutifs. Personne ne veut plus de ça. On veut voir une voie médiane. Aujourd’hui, on ne voit plus qu’un style de jeu, les coureurs-frappeurs. Des courts plus rapide permettraient d’apporter de la nuance. Dans l’absolu, il devrait y avoir une saison “lente” qui mène à Roland-Garros. Puis une saison “rapide” avec Wimbledon. L’Open d’Australie devrait être “neutre”, une combinaison des deux. Je ne suis pas là à dire que mon service ne devrait pas pouvoir être retourné à Roland Garros, mais il serait normal qu’il le soit un peu moins à Wimbledon.”
Roddick est plus mesuré dans cette interview, mais ces histoires de courts qui ralentissent, c’est du pipeau. Je me suis amusé à faire des statistiques de nombres d’aces par jeu de service de Roddick entre 2003 et 2007 à Wimbledon :
2003 : 0.74
2004 : 0.8
2005 : 0.82
2006 : 1.22
2007 : 0.9
On dirait plutôt que son nombre d’aces augmente… Tout ça, c’est du vent, il n’a qu’à jouer plus souvent comme à l’US Open l’année dernière (sur la ligne de fond et pas 3 mètres derrière), et tout ira mieux pour lui. Les vrais champions (Nadal, Federer) se cherchent-ils des excuses ?
D’ailleurs malheureusement sur le site de l’ATP, il n’y a que les aces, pas les services gagnants, ce qui ne permet pas de mesurer l’impact d’un contrôle amélioré par les nouveaux cordages dont parle Roddick. Mais pour la vitesse des courts, les aces suffisent à se faire une idée. Du coup, j’ai aussi fait les points gagnés sur premier service :
2003 : 82.6 % (perdu en 1/2 Federer)
2004 : 80.8 % (perdu en finale Federer)
2005 : 77.3 % (perdu en finale Federer)
2006 : 79.2 % (perdu en 16ème Murray)
2007 : 80.7 % (perdu en 1/4 Gasquet)
Frachement, on ne peut pas vraiment conclure que son service perde de l’efficacité, ça fluctue sans vraie tendance.
Hum… sauf que le ralentissement du gazon a eu lieu en 2002…
Loin d’être du pipeau, ce ralentissement a été assumé par les organisateurs.
Donc c’est plutôt la comparaison entre l’époque “années 90″ et “années 2000″ qu’il faudrait faire. Tes statistiques ne tiennent pas la route puisqu’elles ne regardent pas les bonnes années.
Si tu veux mettre en doute ce que les organisateurs du tournoi ainsi que les joueurs disent… libre à toi, mais ne viens pas nous mettre des stat qui n’ont aucun lien avec ce dont on parle!
Evidemment, les statistiques ne te plaisent pas parce qu’elles te donnent tort…
1. Tout le monde dit que Wimbledon ralentit chaque année depuis des années, y compris dans ces commentaires, y compris de ta part. Les statistiques que je donne semblent prouver le contraire : le service de Roddick est aussi efficace aujourd’hui qu’il y a 4 saisons.
2. Roddick n’a commencé à avoir des résultats corrects à Wimbledon qu’à partir de 2003. Je ne peux pas remonter plus loin pour lui, désolé…
3. Je veux bien des sources qui parlent de ce ralentissement volontaire de la surface en 2002
4. Puisque tu aimes les statistiques, en voici d’autres, le champion d’aces du circuit depuis 1991 :
1991 - Guy Forget (611 aces- 7,2 per match)
1992 - Goran Ivanisevic (957 - 11.9)
1993 - Pete Sampras (1011 - 10.0)
1994 - Goran Ivanisevic (1169 - 12.7)
1995 - Pete Sampras (974 - 11.0)
1996 - Goran Ivanisevic (1477 - 14.3)
1997 - Goran Ivanisevic (1048 - 13.9)
1998 - Goran Ivanisevic (1065 - 14.7)
1999 - Richard Krajicek (819 - 12.7)
2000 - Marat Safin (921 - 9.2)
2001 - Goran Ivanisevic (801 - 16.7)
2002 - Wayne Arthurs (807 - 16.4)
2003 - Andy Roddick (989 - 11.1)
2004 - Andy Roddick (1017 - 12.5)
2005 - Andy Roddick (912 - 12.4)
2006 - Ivan Ljubicic (929 - 11.9)
Nous aurions donc assisté à un ralentissement des surfaces jusque vers 1995, ça a réaccéléré jusqu’en 1999 (que cela corresponde au pic de forme du sniper fou Ivanisevic n’a sans doute aucune importance en la matière), une grave rechute en 2000, tout serait allé mieux en 2001-2002 puis une nouvelle rechute.
Les records d’aces sur un match :
51 - Joachim Johansson (Australian Open 2005 ) 4 sets, lost to Andre Agassi
51 - Ivo Karlovic (Wimbledon 2005) 5 sets, lost to Daniele Bracciali
50 - Chris Guccione (Wimbledon 2005, qualifying match) 3 sets, defeated Olivier Patience
50 - Gregory Carraz (Andrézieux 2004 - Challenger) 3 sets, defeated Tomas Zib *
49 - Richard Krajicek (US Open 1999) 5 sets, lost to Yevgeny Kafelnikov
48 - Marc Rosset (Davis Cup 2001) 5 sets, lost to Arnaud Clement
47 - Gustavo Kuerten (Davis Cup 2003) 5 sets, lost to Daniel Nestor
46 - Goran Ivanisevic (Wimbledon 1997) 5 sets, lost to Magnus Norman
46 - Mark Philippoussis (Wimbledon 2003) 5 sets, defeated Andre Agassi
45 - Chris Guccione (Australian Open 2007) 5 sets, lost to Olivier Rochus
Les 4 premiers sont après 2002, et 7/10 sont après 2002. Peut-être que les organisateurs ralentissent les surfaces, ça ne ralentit pas beaucoup les machines à aces…
Je suis statisticien de métier, mais je pense que Roddick sait un peu mieux ce qu’il dit que ces statistiques très basiques.
J’ai fait pas mal de statistiques moi-même en école d’ingénieur, mais je n’ai pas vraiment le temps de faire plus précis comme statistique. Si tu l’as, vas-y ! Tout ce que je dis, c’est qu’aussi imparfaites soient-elles, elles tendent à prouver que Roddick se donne des excuses alors qu’il y a des trous béants dans son jeu qu’il pourrait améliorer au lieu de se plaindre sur les cordages ou la vitesse des courts…
on ne dispose tout simplement pas des stats qui permettent de faire mieux que le jugement des joueurs vis-à-vis des balles et des surfaces.
Franchement le nombre d’aces je pense que ça prouve rien.
Bon c’est pas pour polémiquer, juste ce que je pense.
A François le statisticien fou,
Vu t dans les stat, tu devrais savoir qu’on peut leurs faire dire tout et n’importe quoi. Tu sembles être aussi très fort pour les trouver, tu pourrais alors peut-être t’amuser à compter la longueur moyenne des échanges à Wimbledon, le nombre moyen de fois que la balle passe au dessus du filet, la longueur des match – peut-être plus facile à trouver.. Tu obtiendrais certainement des résultats différents.
Contrairement à toi je ne suis pas le maître de statistiques. Par contre François, je suis chasseur de faucons, ce qui me permet de voir le jeu et surtout le terrain, le gazon vert de Wimbledon.
Il est brun ! Qu’il est détérioré pour les finales ! Qu’il a changé en dix ans ! La traditionnelle marque brune des serveurs volleyeurs au filet n’est plus ! Elle a été remplacée par une longue ligne couleur terre au fond du court ! C’est fou tout ça ! C’est fou ! Toute cette évidence qui contredit tes conclusions pourtant si posées. Eh oui François, statistiques et évidence ne font pas toujours bon ménage.
« Si tu veux savoir combien il y a de flamands roses, compte le nombre de pattes et divise par deux ! » Le sage congolais sut user de l’humour face à la marée rose qui me faisait face. « Mais peut-être te faudrait-il réfléchir avant de compter – une estimation vaut mille et unes statistiques ! »
J’ai toujours trouvé les propos du sage un peu faciles – moi qui cherchais à défendre les stat – de la raison pensais-je. François, tu viens de lui donner raison. IL A TOUT A FAIT RAISON !! RAISON, IL A !! IL A LA RAISON !!
ne vous inquiétez pas, je pense que les têtes bien pensantes de l’ATP sont sur le coup depuis un bon moment, ça ne serait pas vraiment dans leur intérêt que ce sport cesse d’être considéré.
Oui, les stats on peut leur faire dire tout et n’importe quoi, quand on ne donne pas ses sources, sa méthodologie, le sens des statistiques. Là, mes sources sont l’ATP, j’ai dit tout ce que j’avais fait pour les obtenir. Je cherche, c’est tout…
Si les statistiques que j’ai trouvées prouvait le contraire de ce que je pense, j’aurais peut-être changé d’avis… D’ailleurs, je cherchais juste à vérifier l’efficacité du service, pas celle du jeu service/volée. Je ne nie pas qu’il n’y ait presque plus de serveur / volleyeur au très haut niveau, c’est absolument évident (et ça peut se prouver facilement par des statistiques aussi). Je ne crois pas que ce déclin soit du à un ralentissement des courts (un serveur / volleyeur ne sert pas très vite de toutes façons pour avoir le temps d’arriver au filet) ; l’explication de Roddick parlant d’un meilleur contrôle avec les nouveaux cordages me semble plus probable. Je ne vois pas d’autre raison aux progrès incroyables entre le meilleur passeur actuel (Nadal) qui pousse les meilleurs attaquants à rester au fond et le meilleur passeur de l’époque précédente (Agassi) qui toute sa carrière s’est fait battre régulièrement par les meilleurs attaquants (Sampras, Ivanisevic, etc.).
Moi je fais confiance à Roddick et à d’autres joueurs et commentateurs sur le ralentissement des courts, notamment sur gazon. Mais j’ai aussi lu que plus que les courts, ce sont les balles qui sont fondamentales et qui ont changé (c’était d’ailleurs ce qui était réclamé à l’époque des serveurs fous).
j’ai vu quelques images du match de Clément face à ce géant. Ca fait drôle de voir un “petit” jouer contre un “grand”, et c’est même impressionnant. Le filet parait ridicule et on a l’impression que le “petit” est condamné à courir à droite et à gauche pendant que le “grand” n’a qu’à tendre le bras et voilà…
J’ose à peine imaginer ce que ça serait que l’un d’entre ces géants se mettent à jouer tactique un peu comme Federer. Il serait tout simplement imbattable. A part ça, parmi les joueurs dits de légende, y en a beaucoup qui était grand comme ça ? Il me semble pas, c’était plutôt des 1m80-85
Le plus grand des grands joueurs doit être Becker, je pense, qui fait 1m90. Dans le vainqueurs de grand chelem, il y a Noah (1m93), Ivanisevic (1m94), Sich (1m93), je ne crois pas qu’il y ait plus grand.
Je voulais dire Stich, fichu clavier !
Nadal et Federer font 1m85, Djokovic 1m88.
Le tennis est un sport complet, et il faut rassembler beaucoup de qualités (entre autre la taille), pour être parmi les meilleurs. Sinon on verrait beaucoup plus souvent des joueurs de grandes tailles faire de grandes performances.
A propos de cette affaire de cordage dont parle Roddick, j’ai retrouvé une interview de Federer où il dit les choses suivantes :
“Je jouais très différemment quand j’avais l’âge de Djokovic. Je faisais du chip and charge, service / volée, je jouais comme mes idoles : Becker, Sampras, Edberg. Ils le faisaient tous, je me sentais donc jouer comme eux.
Puis j’ai senti que les choses ralentissaient. La nouvelle génération de cordage est arrivée, les retours et les passings sont devenus plus faciles. D’une certaine façon, il était devenu plus difficile d’attaquer.”
J’ai aussi vu une interview d’Agassi qui après sa victoire en 2002 à Rome pour la première fois qu’il utilisait les nouveaux cordages Luxilon avait déclaré que soit on interdisait ces cordages, soit tout le monde jouerait avec. Il semblerait que 5 ans plus tard, on y est presque, la plupart des joueurs du top 20 jouent avec, certains, comme Federer, ayant des verticales en boyau et des horizontales en Luxilon. Dixit un spécialiste du matériel, Roman Prokes, explique que ce cordage a une attaque de balle très mordante, ce qui fait que le cordage ajoute systématiquement et sans effort un léger lift pour les joueurs avec des grands coups, ce qui donne un contrôle incomparable. Le lift est également très accentué par ces cordages (qui a dit Nadal ?). Par contre, à la volée, c’est pas le top, on manque de contrôle sur les coups avec peu d’amplitude. Cela expliquerait peut-être pourquoi Federer semble avoir regressé à la volée ces dernières années.
A quand un nouveau cordage pour augmenter la précision au filet pour contrebalancer l’effet Luxilon ?