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Quelques commentaires de retour de Zürich

Zürich Open, tournoi de classe

Sans faire dans le chauvinisme ou dans le cliché culturel, reconnaissons que l’organisation, les infrastructures (notamment la halle), l’accueil, l’encadrement, l’atmosphère du Zürich Open en font un tournoi de toute première classe. Il nous a fallu un an de patience pour obtenir un sésame à notre seconde tentative mais le jeu en vallait la chandelle. Merci en tous cas aux organisateurs.

Sécurité et convivialité

J’ai été surpris de constater que les joueuses sont plus disponibles que leurs collègues masculins. Svetlana Kuznetsova, numéro deux au classement, est venue se promener dans la salle de presse en toute décontraction et s’est prêtée sans problème à quelques interviews improvisées. Inimaginable avec un Nadal ou un Federer! A Zürich, les gardes du corps sont présents en permanence, les contrôles de sécurité sont fréquents mais l’atmosphère est toutefois moins tendue que sur le circuit ATP.

Même impression durant les conférences de presse: contrairement aux tournois ATP ou à la Coupe Davis, le dialogue est plus amical, les joueuses sont beaucoup moins sur la défensive.

Organismes (toujours) trop sollicités

Un journaliste à Svetlana Kuznetsova: “Il y a beaucoup de joueuses blessées en fin d’année, ne prennent-elles donc pas leurs précautions en terme de nombre de tournois qu’elles disputent?”

Svetlana Kuznetsova: “Evidemment que nous nous en préoccupons! Mais la WTA nous oblige à jouer un certain nombre de tournois. Pour ma part, je me suis engagée en début d’année à jouer ces tournois, je dois donc tenir mon engagement. C’est difficile car le tennis féminin devient de plus en plus puissant, par conséquent de plus en plus pénible physiquement.”

La seconde jeunesse de Francesca Schiavone

Dans un anglais approximatif, la joueuse italienne nous a confié qu’à 27 ans, elle était à nouveau dans une phase ascendante.

“A 22 ans, j’ai entamé un gros travail de fond pour porter mon jeu au sommet, je me suis beaucoup entraînée, j’ai beaucoup joué quatre ans durant. A la fin de l’année dernière, j’ai eu un gros coup de fatigue car mon organisme avait atteint ses limites; par conséquent, mon niveau de jeu a chuté. J’ai alors décidé de ralentir la cadence et de prendre du recul. Aujourd’hui, j’ai passé ce cap, je me sens bien à nouveau et je reviens à un très bon niveau.” Francesca Schiavone

Justine, fan de Roger

Qualifiée de plus en plus souvent de “Federer” du circuit féminin, en raison de sa domination chez les dames, surtout cette année, Justine Henin se dit flattée par le compliment. En effet, elle ne cache pas son admiration pour le numéro un masculin. Elle va même jusqu’à comparer son parcours à celui de Roger Federer: leurs difficultés avant d’atteindre le sommet, leur “bloquage” sur un tournoi de Grand Chelem (Roland-Garros pour Federer, Wimbledon pour Henin). Elle reconnaît également suivre certains matchs de Federer.

J’ai donc profité de l’occasion pour demander à Justine si elle suivait les matchs de Federer pour son plaisir uniquement ou pour s’en inspirer. Elle m’a répondu que Roger Federer était effectivement un modèle pour elle, surtout l’attitude du Suisse sur le court, son calme, sa concentration, sa maîtrise, sa persévérance dans les moments difficiles. Carlos Rodriguez, l’entraîneur de Justine, ne manquerait pas non plus de citer Federer comme référence durant leurs séances d’entraînement.

Nicole VaidisovaDu tennis féminin

Impossible de ne pas livrer également quelques impressions sur le tennis féminin de haut niveau puisqu’il s’agissait aujourd’hui d’une première sur le circuit WTA pour Parlons Tennis (hormis la Fed Cup).

Impression n°1: on oublie le déficit de puissance au bout de cinq minutes déjà. On apprécie d’autant plus la combativité des joueuses, leur engagement, leur détermination, au moins aussi grands que chez leurs collègues masculins.

Impression n°2: la technique, le jeu de jambes, l’explosivité de Justine Henin n’ont rien à envier à bien de joueurs.

Impression n°3: le jeu féminin laisse une plus grande part aux émotions. Les couples doute/confiance, joie/tristesse, plaisir/douleur, sont beaucoup plus évidents que chez les hommes et apportent plus de couleurs au jeu.

Impression n°4: du point de vue du spectacle, les batailles sur dix coups de raquette sont tout de même plus sympathiques à suivre que les séries d’aces d’un Roddick ou d’un Karlovic.

Impression n°5: le haut niveau féminin est la preuve (rassurante) qu’il est possible de pratiquer un tennis de rêve sans mesurer 1m90 ni posséder une force herculéenne.

Impression n°6: les joueuses, grâce à leur disponibilité et à leur ouverture, bénéficient d’un plus grand capital sympathie auprès du public que les hommes.

 
WTA

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