Pas de place pour moi aux pupitres habituels des journalistes pour cette finale mais deux rangs plus haut; toutes les places sont aujourd’hui réservées pour les grands médias mais aussi pour des VIP. Quelques instants avant le début de la rencontre, Yves Allégro et Séverin Lüthi viennent s’installer juste devant moi…
Premier set
Fernando González choisit de recevoir mais ne peut pas empêcher un premier jeu blanc de Federer sur quelques services impecables (1-0).
Dès le jeu suivant, les deux joueurs prennent tour à tour le filet avec une réussite mitigée, essentiellement sur leur propre service. A noter que le silence est absolu, quasi religieux, pendant les premiers jeux. Tout le monde regarde le maître à l’oeuvre. Je remarque néanmoins que les spectateurs sont très respectueux de Gonzalez, un habitué de la maison: il est également très applaudi.
Passé les deux premiers jeux, les points s’orientent plus vers des échanges du fond du court, à un rythme très élevé. Les deux adversaires jouent sur les débordements et les contre-pieds. Légère domination de Federer dans ce domaine qui rentre plus dans le terrain alors que Gonzalez joue un petit peu loin de sa ligne.
Je constate que Federer ne s’éternise pas sur son revers; il le tourne à la première occasion pour déborder en coup droit. Gonzalez craque le premier à 2-3 30-40 sur son service: il tente d’annuler la balle de break en montant sur le revers de Rodgeur mais reçoit en retour un passing-shot le long de la ligne (4-2).
Il n’en faut pas plus à Rodgeur pour dérouler et empocher le premier set 6-3.
Deuxième set
Au service le premier, Gonzalez tente maintenant de défier Federer dans des duels « coup droit contre coup droit », une tactique plutôt risquée contre le numéro un mondial! La preuve, il s’expose rapidement à une balle de break qu’il perd d’ailleurs sur une frappe qui sort d’un cheveu (1-0).
Dans le deuxième jeu, nouveau changement de tactique de Gonzalez: il frappe de toutes ses forces au retour, comme une mule! De cette manière, il réussit un retour gagnant que Federer ne peut toucher, il monte même à 30-30 sur le service de Federer mais ne peut conclure à son avantage, toujours trop loin de sa ligne de fond lorsque l’échange est engagé (2-0).
On sent Fernando Gonzalez pas loin de ne plus trop savoir quelle tactique adopter. Dans le doute, il frappe toujours plus fort. Une débauche d’énergie qui lui vaut plus de déchets et qu’il risque de payer par la suite. L’embêtant pour lui, c’est que cette tactique ne porte pas ses fruits, même pas dans l’instant. Il doit à nouveau annuler une balle de break. Puis une seconde. Puis une troisième sur une double faute qui tient plus du dépit que d’un accident de parcours. La troisième sera de trop: Gonzalez concède son service une nouvelle fois (3-0).
Alors que le compteur des aces de Rodgeur affiche 32 (CHF 32′000 en faveur de Fit4Future), Gonzalez apparaît déboussolé cette fois-ci et commence à arroser le court un peu n’importe comment (4-0). La preuve: agassé, il en oublie les rudiments du tennis en servant à 207 km/h sur une deuxième balle. Qui sort largement évidemment. Il remporte néanmoins un premier jeu (4-1). Le Chilien montre les premiers signes du renoncement lorsqu’il ne va même plus chercher les balles difficiles et pourtant jouables. Il va laisser passer le second set de façon un peu décevante, en ne présentant qu’une vague accélération et une amortie (6-2).
Troisième set
Gonzalez tente évidemment le tout pour le tout, mais le pauvre devrais-je dire, est bien mal inspiré et moins chanceux que Federer; le Suisse multiplie désormais les balles « truquées », quelques effets incroyables et commence même à « jouer » avec son adversaire. Il n’y a rien de pire pour un joueur de tennis! Le Chilien revient encore une fois aux amorties mais elles ne surprennent plus personne.
De façon générale, le rythme et l’intensité sont en baisse dans cette troisième manche, des deux côtés. Il y a certainement un peu de fatigue dans les jambes des joueurs. Cependant, Federer continue de parfaitement contrôler la partie. Gonzalez continue de subir, en panne totale de solution. Il a complètement oublié sa tactique de départ: venir au filet pour bousculer Federer. Tout ce qu’il parvient à faire c’est d’essayer d’envoyer des mines à trois mètres derrière sa ligne et de décocher une amortie « téléphonée » de temps à autre. Heureusement pour lui, le numéro un mondial, en face, n’en profite pas vraiment et les jeux de service défilent, sans break. Exceptionnellement, Gonzalez tente un service-volée mais un passing shot le cloue net. Dommage, ça ne va l’encourager à monter plus.
Malgré deux balles de break contre Gonzalez à 5-5, le Chilien s’accroche pour décrocher le droit de disputer un tie-break (il a l’habitude dans ce tournoi!). On devrait normalement assister à une accélération du rythme de Federer. Elle vient dès le premier point (retour gagnant) et Federer prend les commandes 1-0. Il ne les lachera plus. Il remporte le tie-break sept points à trois sur son service et la finale par 6-3 6-2 7-6.
Les photos ont été prises par Alexandre










trackback uri
Aucun commentaire