Il faut avouer que l’Espagnol sait comment manœuvrer le Suisse sur terre battue, cette pression constante, cette envie de s’arracher sur chaque point quel qu’il soit, avec ou sans poésie, tout dans la force mentale.
Rafael Nadal n’a peut-être pas le toucher exceptionnel de Roger Federer mais force de reconnaître que mentalement il est nettement en dessus, peut-être un peu « aussi » à cause de ça, il ne gagne que rarement des matchs facilement que ce soit sur terre ou sur dur mais il gagne toujours avec panache et surtout avec des efforts physiques non calculables mais lourdement éprouvant pour son corps qui risque fort de demander de longues poses, à contrario du Suisse qui lui joue avec finesse et délicatesse misant son effort physique sur la vitesse et l’explosivité, tout ceci en mode « économique » si je puis dire.
Maintenant l’ascendant Nadal est presque total, avant Hambourg nous pouvions dire que sur terre Federer n’était pas toujours que le finaliste malheureux mais à force de constats il est clair que le Majorquin détient encore les clefs du succès.
Le jeu de défense de Rafa est tout simplement extraordinaire, il sait remettre les balles avec une longueur exceptionnelle, son lift gicle sur son adversaire qui est obligé de prendre la balle le plus tôt possible pour ne pas subir cette lourde balle prenant l’effet dès son contact avec la terre, ses passings sont des plus performants, ils sont placés au millimètre près et un coup ils sont posés, un coup ils sont tirés comme des boulets de canon.
A vrai dire, rien n’est donné, rien ne passe de l’autre côté du filet sans avoir été réfléchit, c’est un peu comme le jeu d’échecs et là c’est toujours la même rengaine en finale…. Échec et mat !
Pour un joueur de la classe de Roger ça doit se compliquer énormément dans la tête car le fait d’être « facile » avec ces coups tout en fluidité doivent au bout d’un moment se « crisper » en voyant revenir ses attaques par son adversaire, relevons qu’avec la quasi-totalité de ses adversaires ça ne revient qu’une fois sur 10, tandis que là c’est presque tout le temps, donc une certaine crispation arrive provoquant un manque de fluidité et d’explosivité, ensuite un peu de déconcentration et assurément un manque de lucidité dans les moments cruciaux.
Deux antagonistes en quelque sorte, Rafa faisant le mur et Roger jouant le marteau piqueur, le pot de terre contre le pot de fer.
La suite va se dérouler à Roland Garros, fief de l’Espagnol qui devra défendre son titre mais cette fois-ci avec une certaine conviction, celle de pouvoir tout ramasser cette année terrienne tandis que cela « espérons » donnera des ailes d’Aigle de Fer à Roger pour tenter de s’emparer du seul titre qu’il n’a pas !










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10 commentaires
Bravo Alexandre pour ton commentaire, tout en finesse.
Pour une fois pas de phrase annonçant le déclin de Roger!
Voir ces deux se battre est magnifique. Heureusement que pour le moment la TSR nous permette de les voir. Car pour le reste, on est vraiment sur notre faim!
Bon, il est vrai qu’avec RG, il y en aura plus qu’on en désire.
Pénélope
Ce qui permet à Federer de durer – à savoir la décontraction, la souplesse, la capacité à raccourcrir les échanges – le dessert face à Nadal. Sur les échanges plus longs, il est souvent dépassé (pas trop l’habitude) et sa décontraction se mue en mollesse lorsqu’il faut « tout donner » pour vaincre. A mon avis, sauf blessure de Nadal, il ne parviendra pas à remporter Roland-Garros. Du côté de Federer, en tout cas pas de soupçon de dopage en vue. Par contre ni les ampoules, ni le match de trois heures la veille de la finale n’empêchent Nadal de courir comme un lapin. On s’est habitué à force, mais tout ça sent le soufre.
Je suis pas d’accord lorsque vous dites que Nadal a un meilleur mental que Federer. Nadal joue avec moins de prise de risque c’est donc plus facile pour lui de ne pas trembler lorsqu’il le faut. A l’inverse, Federer a enquillé pendant 4 ans les titres majeurs sans trembler et en réinventant le tennis. Pour moi, Federer est un des plus gros mental de l’Histoire avec les Sampras, Borg ou autres Connors. Sinon, pour ce qui est des duels Nadal-Federer, force est d’admettre que Roger joue beaucoup mieux Nadal que lors des saisons précédentes. Sur chacun des sets qu’il a disputé contre lui, il a mené et parfois de beaucoup (l’an dernier c’était pas le cas). Je pense qu’il va travailler là-dessus et qu’on peut avoir une bonne surprise à Roland.
@vdd Je suis d’accord avec vous sur le principe que Roger joue de mieux en mieux contre Rafa mais reconnaissons que sur terre pour l’instant Rafa fait encore mieux puisqu’il vient de ravir le titre à Hambourg qu’il n’avait pas gagné et force de reconnaître aussi que sans un mental d’acier il n’aura pas vaincu Roger.
Pour Roger il n’est pas plus dur pour lui que de jouer contre un mur, ça épuise même si vous considérez que Rafa prend moins de risque je pense au contraire qu’il est plus risqué de jouer le contre… contre Roger, les coups sont terribles et il faut pouvoir très bien défendre et attendre la faille ensuite, ce que Rafa fait de mieux.
La force mentale entre les deux protagonistes lorsqu’ils se rencontrent en face à face est un poil plus forte chez Rafa car du côté de Roger il aurait « pu ou dû » finir ce match en 2 sets secs mais voilà….
Roger apporte les lettres de noblesses au tennis et Rafa démontre que tout est possible quand on ne lâche rien.
On ne pourra m’enlever de l’idée que pour un type qui tourne à 3 GC par ans et qui a exercé une telle domination sur le monde du tennis, le problème ne peut être mental. Je pense tout simplement que Nadal est au-dessus tennistiquement sur terre, or cette année, j’ai l’impression que ça a tourné dans le jeu. Le fait que Federer prend les meilleurs départs me rassure. Ca prouve qu’à chaque fois il allume un feu chez Nadal et en finale de Roland Garros, ça peut jouer. Il faudrait que Federer assure plus ses premières et force un peu moins lorsqu’il est à un break d’avance. Mine de rien, il ne lui manque qu’un jeu de service à chaque fois et ça ferait 7/5, 7/5 à Monte Carlo et 6/1, 6/3 à Hambourg… ce qui aurait été le pire qui puisse arriver à Federer à la veille du french puisqu’il aurait pu se retrouver avec Nadal dans son tableau tout en ayant la quasi obligation de gagner le tournoi avec toute la pression de l’Histoire du tennis sur les épaules. Là il peut y aller tranquille. Tout le monde le dit fini et il sait qu’il est à un rien de boutter Nadal hors de la terre battue.
Je trouve que cet article commente bien la situation
C’est rare d’en trouver où on ne dise pas soit que Federer est complètement sur le déclin, soit que Nadal est dopé, deux idées que j’en ai marre d’entendre.
Roger est pour moi un des plus grands joueurs de tennis qui existe, mais je pense que ce qui l’empêche de gagner contre Nadal c’est le mental.
Ce qui me surprend c’est que contre les autres joueurs il n’a aucun problème de ce côté la. Mais force est de constater que, malgré l’amélioration de son jeu face à Rafa sur terre battue, il n’arrive pas à finir ses matches alors qu’il est dans une excellent position.
De son côté Rafa est aussi un excellent joueur, un des meilleurs de l’histoire sur terre battue, même s’il est moins complet que Federer.
C’est vrai qu’il ne s’économise pas, et je suis d’accord avec le fait qu’il risque plus de se blesser que Federer, étant donné les efforts physiques qu’il fournit à chaque match.
Par contre, je ne pense pas qu’il soit dopé, jusqu’à preuve du contraire, il n’a jamais été contrôlé positif et les accusations non fondées m’agacent. Comme celles disant que Federer est en train de décliner (il a quand même fait de bons résultats et atteint la demi finale en australie avec une mononucléose!).
En tout cas, je trouve que ton commentaire est très bien Alexandre.
@vdd Le mental de Roger est excellent et à n’en pas douter un des meilleurs, ce que je relève c’est lorsqu’il dispute une partie contre Nadal.
Je jeu préconisé de Federer est à haut risque, beaucoup plus que Nadal, donc il doit avoir un mental bien en dessus de la norme pour arriver à continuer et à surtout à confirmer son emprise sur le jeu de défense du Marjorquin.
La force mentale se juge en principe sur le dernier point lors d’un match où la victoire semble acquise, on l’a vu avec bien des champions qui manquaient le coup décisif pour signer l’estocate au moment crucial et perdaient la rencontre ensuite.
Federer fait partie des plus grands champions de ce sport et tout le monde attend sa consécration lors de Roland Garros et aussi à fortiori contre le rock Nadal.
Il est évident que Federer et Nadal ont tous deux un mental exceptionnel. Djokovic idem, ces mecs là ils gagnent un bon nombre de matchs au mental.
Si on prend Djokovic l’an passé à Roland, face à Patience, son match il le gagne au mental. Il joue face à un Français, lequel joue à fond son rôle d’outsider et enflamme le public. Djoko passe à quelques points de la défaite puis se concentre et gagne.
Federer face à Roddick, qui sauve une balle de match puis gagne la rencontre. Ou face à Davydenko, l’an passé: match énorme conclu en trois sets au tie break et au nombre de points gagnés je me demande si Davydenko n’était pas au-dessus. Que dire de son match à l’open d’australie face à Tipsarevic…
Bref, chercher l’erreur de Federer dans le mental, c’est compliqué.
Mais oui, Nadal a peut être un mental légèrement supérieur; lorsque l’on a assisté à son match face à Youzhny à Wimbledon, on ne peut qu’être sidéré. Je ne parle même pas de Soderling la même année…
Nadal a une emprise mentale sur son adversaire lors des grands chelems, c’est une évidence. Quand un joueur joue Nadal et gagne deux sets à 0, il se dit inconsciemment c’est génial, oui, mais je dois encore marquer 6 jeux, pire, être capable d’élever mon niveau de jeu car lui en face il va tout me renvoyer. Ce qu’a fait Tsonga à l’Open d’Australie, c’est tout simplement incroyable, et Nadal qu’on avait beaucoup critiqué à l’occasion de sa conférence de presse, avait raison.
Mais pour ce Roland Garros, je ne pense pas me tromper en disant que le favori c’est Federer. Certes, on l’attend depuis trois ans, mais les journaux sportifs ont à mon humble avis très mal apprécié les parties de tableaux des numéros 1 & 2.
Nadal a incontestablement une partie de tableau plus difficile que celle de Federer et je doute fort d’un affontement entre les deux ténors en finale. Nadal doit certainement se dire que c’est la partie de tableau la plus dure qu’il n’a eu à Roland. Regardez bien sa partie de tableau, c’est un panier de crabes:
il peut jouer Nalbandian en quarts, et à mon avis personne n’a estimé la teneur d’un tel affrontement. D’une, deux rencontres seulement ont été disputées entre ces deux joueurs, toutes deux soldées par une victoire de Nalbandian. De deux, les défaites ont été très sévères: 6-1 6-2 puis 6-4 6-0. De trois, ces défaites sont très récentes: fin 2007. Certes, elles n’ont pas eu lieu sur terre battue mais deux interviews de Nadal en dehors de ces matchs ont suffi à me faire comprendre que la bête noire décrite par Nadal s’appelle bel et bien David Nalbandian. Ce que Nadal craint (de ses propres mots) le plus dans un adversaire, c’est sa capacité à être aussi solide des deux côtés, et c’est bel et bien le cas d’un mec comme Nalbandian, dont il dit qu’il a le meilleur revers actuellement (atptennis.com). Nadal et son lift ne pose que très peu de problèmes à Nalbandian. Je ne préfère pas évoquer les qualités mentales de Nalbandian, et sa faculté à sauver dix balles de match pour ensuite gagner la rencontre…
Alors la chance qu’à Nadal, c’st qu’il y a Almagro et qu’Almagro peut jouer Nalby en 1/8 èmes et lui poser des problèmes.
Mais même si Nadal a la « chance » de jouer Almagro en quarts, il aura le malheur de jouer un Djokovic sans doute assez frais en demies…
Suis d’accord avec toi djoko mais le probleme du côté de nalbandian c’est surtout d’arriver jusqu’a nadal.
On le voit sur chaque tournoi, nalbi est d’une desinvolture impressionnante lors des premiers tours contre des mal classés.
Esperons que la perspective nadal en quarts le motive suffisamment pour qu’il evite de se faire pieger avant ou d’enchainer les matchs en 5 sets contre des seconds couteaux…
Je pense que Nadal gagne au change à jouer Nalbandian au lieu de Ferrer et Djokovic au lieu de Davydenko. On verra, mais je pense pas que le tableau de Nadal soit plus compliqué que ça. A moins que Nalbandian passe ses tours sans problèmes et lâche pas des sets sur Berlocq ou Murray. Almagro était blessé au poignet à Rome, il risque d’être juste.