Wimbledon est le tournoi du Grand Chelem disputé sur herbe mais pourquoi tant d’acharnement ?
Ce que je veux dire par là est simplement l’adéquation entre le jeu proprement dit sur herbe et les autres surfaces, qu’y a t’il de différent par rapport aux années Borg, McEnroe, Becker, etc….
Avant les raquettes n’étaient pas aussi “répondantes” qu’actuellement, les cordages faisaient principalement la différence car très dynamiques donnant l’équilibre entre tension dudit cordage et du cadre “bois ou métallique”, les balles étaient moins “explosives” aussi.
Donc pour le jeu sur herbe, tout était réuni pour voir un autre spectacle que sur la terre battue, le joueur devait prendre le filet car la difficulté résidait sur la possibilité d’engager des échanges de fond de court, les rebonds n’étaient pas francs, le slice était de mise afin que la balle fuse et ne remonte pas, le service slicé ou frappé à plat agressait le retourneur, tout favorisait le joueur volleyeur et non pas la bête du lift terrien en quelque sorte.
Maintenant que les cadres sont en différents matériaux, les cordages de plus en plus étudiés pour répondre aux frappes lourdes et les balles plus vives font que l’herbe devenait trop rapide, donc trop embêtant pour les spectateurs aussi.
Alors ce qui devait arriver arriva, pas plus tard qu’il y a trois ans déjà, je parle du jeu “extraordinaire et monumental” du terrien Rafael Nadal.
Celui-ci grâce à un physique “hors-norme” provoque l’effroi de ses adversaires sur terre, maintenant sur herbe aussi car son jeu de défense, ses passings millimètrés, son énorme lift et son déploiement d’énérgie font plier les meilleurs attaquants.
Le dommage dans tout ceci est que Wimbledon ouvre la brèche au style de jeu moins intéressant pour les connaisseurs, celui du renvoyeur, du pourvoyeur de balle lourdes, du passeur, du marathonien.
Et oui il ne faut se cacher la face, si Rafael Nadal est venu à bout de Roger Federer ce n’est pas seulement grâce aux progrès réalisés par le Majorquin mais surtout à cette surface qui devient comme les autres.
Combien de fois le Suisse s’est fait entraîner dans de longs échanges de fond de court, combien de passings s’est-il vu “offrir” quant à cette finale qui a duré aussi longtemps qu’une sur terre ?!
Ce match à été très intéressant, il y a eu des rebondissements “pluies, balles de matchs” mais pourquoi était-il si intéressant, n’était-ce pas aussi “et surtout” la confrontation de style, l’attaquant artiste contre Goliath !
Le service de Roger Federer, plus précisément sa première balle lui a valu par moment sa survie car sur sa seconde il gagna que très rarement des points.
La volée n’est peut-être pas son meilleur coup mais combien de fois s’est-il fait passer, comme sur terre battue ?
Son revers n’arrivait pas à déboussoler son adversaire, même son slice ne faisait pas la différence, son coup droit était ravageur uniquement quand il arrivait à s’ouvrir complètement le terrain sinon c’était les échanges interminables.
Alors quand on voit que le vainqueur cette année c’est celui qui n’a fait qu’un seul et unique service volée, on voit bien que la donne à changer fondamentalement les caractéristiques de ce tournoi.
Nous allons vers une “globalisation” des terrains, tous répondent à une demande “commerciale ?!”, finit le temps des spécialistes pour telles ou telles surfaces, la place est au jeu lifté de fond de court et c’est alors que prendra fin le jeu des artistes.












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16 commentaires
Il semblerait que l’herbe ait également été ralentie à cause du gabarit de plus en plus important des joueurs qui détruisait de plus en plus les courts :
http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1815724,00.html
En tous cas l’uniformisation du jeu que cela entraine n’est pas forcément une bonne chose pour l’attrait du tennis aux nouvelles générations. Le service volée, ça reste quand même ce qu’il y a de plus beau au tennis je trouve.
Hier nous en avons vu combien ?
Les doubles vont devenir plus intéressants que les simples.
Entre voir Isner-Karlovic ou Clément-Shuettler sur herbe, mon choix est vite fait. Le problème est que si on met une surface propice aux serveurs-volleyeurs, on verra des serveurs tout courts aller beaucoup plus loin qu’ils ne devraient, et entre voir des pluies d’aces ou des pluies de coup de fond de court, je crois que quasiment tout le monde préfère des pluies de coup de fond de court. Il y a une solution pour revenir au jeu service-volée sans risquer le jeu service-rien du tout : on remet des raquettes en bois petit tamis pour tout le monde. J’aimerais bien voir Nadal jouer avec une fois pour rigoler :)
François > c’est exactement ce que je m’apprêtais à écrire ! On parle de cette finale comme de la meilleure de tous les temps et ce n’est pas pour rien. Personnellement, je n’ai jamais compris l’intérêt d’un tennis uniquement basé sur du service-volée et donc sur des points courts. Pour moi, le tennis reste un jeu d’échanges où l’on peut varier ses frappes tout en cherchant des angles impossibles. La volée resterait une arme comme une autre et non pas le seul moyen d’attaque ! Comme le dit François, le gazon classique avantage un peu trop les gros serveurs, qu’ils soient doués (Federer) ou pas (Karlovic). Vous préférez que Roger affronte Nadal en finale ou Soderling ? Mon choix est en effet vite fait !
@Tristelune, je suis d’accord avec toi aussi mais si toutes les surfaces se ressemblent “rebond de la balle, vitesse, etc..” qu’el est l’intérêt de garder une surface gazon qui ressemble aux autres surfaces, si ce n’est que la couleur sans compter l’état de celui-ci dès la 2ème quinzaine.
Ce n’est pas le fait que ça devrait se jouer en 2 coups de raquettes qui est intéressant ou pas, c’est le fait qu’un joueur doit avoir l’aptitude à se mettre “à niveau” de la surface sur laquelle il va jouer.
Dès lors il est vrai aussi que c’était peut-être moins intéressant avant quand c’était rapide mais ça laissait la part belle à des Sampras, McEnroe, Becker, Rafter, Edberg de jouer un tennis plus spectaculaire, le talent se faisait ressentir tout de même.
Qui aujourd’hui peut se vanter d’avoir un jeu au filet extraordinaire, pratiquement personne puisque toutes les écoles de tennis tendent à aller vers le jeu de fond de court en laissant de côté la volée et le jeu d’attaque “filet”.
Dommage pour le spectacle, mais je comprends aussi qu’il est intéressant pour énormément de personnes de voir un combat de fond de court à Wimbledon.
J’aimerais supporter les commentaires d’Alexandre, depuis quelques années on ne cesse d’essayer de ralentir le jeu des surfaces rapides.
Je trouve que c’est une approche intéressante, en effet l’année ou Ivanisevic a gagné Wimbledon c’était pathétique, il y n’y avait jamais plus de deux échanges dans le même point. Mais à force de laisser pousser l’herbe et de modifier les balles on se dirige vers une seule surface pour tout les tournois, ou disons un type de fonctionnement de la balle après rebond. Je comprends que ça donne un peu plus de spectacle parce que plus d’échanges, mais ça va surtout profiter aux grosses cogneurs physiques, la tentation du dopage augmente et on ne verra plus des artistes sur le terrain. Si on apprécie Nadal c’est surtout quand il joue contre quelqu’un qui a plus de deux tactiques différentes dans sa main.
Je suis d’accord sur le fait que voir 4 aces par jeu était assez ennuyeux. Je me souviens que Philippe Chatrier en était à proposer qu’il n’y ait plus qu’une balle de service à Wimbledon !
Je pense néanmoins qu’il vaudrait plus s’orienter sur ce que fait la F1 en définissant des normes techniques qui limitent la vitesse. Fixer des normes sur les raquettes sans revenir aux raquettes en bois me parait une solution.
Je trouve qu’il serait dommage que Roland Garros et Wimbledon perdent leur spécificités. Avoir la même finale dans les deux tournois n’est pas encourageant pour la diversité du jeu.
J’aimais beaucoup voir des joueurs de surfaces rapides tels Edberg et McEnroe se battre pour arriver en finale de Roland Garros tout comme Lendl se forcer à faire service volée pour arriver en finale de Wimbledon. Ça donnait du piment au circuit et encore plus de saveur à certaines victoires (souvenez-vous de Wilander jouant service volée pour remporter l’US Open 1988).
Comment est-ce qu’on dit en français “sore losers”?
Le surface n’a pas changé depuis Federer a gagné ces 5 titres sur l’herbe de Wimbledon.
Que tous les surfaces se ressemblent est aussi ridicule. Australian Open, Indoors, US Open, Wimbledon, Roland Garros. C’est très différent.
Queen’s est plus vite que Wimbledon.
Hambourg est totalement different de Monte Carlo pour jouer.
La plupart des tournois sont “hardcourts”. C’est rapide pour la plupart.
Il ne faut quand-même pas exaggerer juste parce que Nadal, “the king of clay” a gagné sur herbe.
Les gens qui disent qu’ils veulent que Roland Garros et Wimbledon gardent leurs spécifités n’ont pas regarder les tournois proprement.
Nadal a joué différement sur Roland Garros qu’en Queens et à Wimbledon.
1 échange de fond de court qui dure jusqu’à ce qu’un des deux joueurs craquent physiquement n’est pas beaucoup plus passionant qu’un ace…. il faut trouver un juste milieu à mon avis!
Et je suis aussi pour que chaque surface ait ses spécificités.
Pour répondre à Nio,… je crois pas que la victoire de Nadal ait été remis en cause ici…
“échange de fond de court qui dure jusqu’à ce qu’un des deux joueurs craquent physiquement n’est pas beaucoup plus passionant qu’un ace…”
non, en effet, mais lors des confrontations nadal-federer, c’est souvent une accélération d’outre-tombe (Jonzier style) ou un angle impossible qui vient faire la différence ! Et c’est beau et spectaculaire.
Sinon, je suis plutôt d’accord avec Nio concernant la spécificité des surfaces. Il ne faut pas croire que toutes les terres battues se ressemblent. Et au lieu de critiquer la lenteur du gazon londonien, ne devrait-on pas commencer par équilibrer le nombre et le type de surface durant l’année ? car hormis les 2 ou 3 tournois sur herbe et les 5 ou 6 tournois sur “clay”, on ne joue principalement que sur dur…
@Nio, Les surfaces Indoors commencent toutes à se ressembler aussi car les organisateurs des tournois ont peur de se retrouver devant des joueurs qui ne veulent pas venir à cause d’une surface différente à celles des tournois majeurs = Masters Series.
Le Queens est la copie parfaite en terme d’herbe utilisée et hauteur de la coupe, ce n’est pas pour rien que les meilleurs viennent à ce tournoi avant Wimbledon et non pas à Halle par exemple.
Pour ce qui est de Hambourg, la terre est soumise à un autre traitement “naturel” puisqu’ils peuvent fermer le toit et c’est pour cela entre autre que Federer avait gagné l’an passé contre Nadal, Monté-Carlo est complètement ouvert et les conditions ne sont pas identiques puisque naturelles, comme à Roland Garros.
Ce n’est pas parce que Federer gagne 5 fois Wimbledon et que Nadal gagne cette année qu’il faut tout remettre en question comme le disait Jérôme, c’est simplement un constat.
@Nio, je suis d’accord avec toi, Nadal a joué brillamment à Wimbledon et différemment de Roland Garros.
Il n’empêche que tu as tort sur un point : le gazon de Wimbledon a bien été ralenti depuis 2003. Si vous avez regardé la finale sur Canal+, une infographie a montré que, à vitesse égale, le service de Federer va 1m50 moins loin en 2003 qu’en 2008 après le rebond ! Ça change pas mal de choses.
Là où tu as raison, c’est que Nadal est meilleur que Federer cette année et le Federer de 2005 n’aurait jamais perdu cette finale quelque soit la surface (c’est même l’année où il a été le plus proche de Nadal sur terre battue).
“Pour ce qui est de Hambourg, la terre est soumise à un autre traitement “naturel” puisqu’ils peuvent fermer le toit et c’est pour cela entre autre que Federer avait gagné l’an passé contre Nadal”
C’est totalement vrai, mais je pense que si Nadal a perdu cette année-là contre Federer, c’était principalement dû au fait qu’il arrivait sur les “genoux” pour ce match. Si je me souviens bien, le Suisse lui avait même mis un 6-0 pour clore la rencontre, non ? Dans des conditions normales, ce serait totalement illusoire… comme nous l’avons ensuite constaté à Roland-Garros deux ou trois semaines plus tard. Je précise cela pour souligner que malgré des terres et des gazons plus ou moins rapides, un joueur qui a la “main mise” sur une surface finit tout de même pas s’imposer 9 fois sur 10.
@Tristelune, exact Nadal était “cuit” et le résultat du match à Hambourg pour Federer 2-6, 6-2, 6-0.
c’était une bonne gifle ! :-)
A noter, pour les amateurs de vrai tennis sur gazon, qu’une pétition circule sur le net pour réaccélérer l’herbe à Wimbledon:
http://www.petitiononline.com/fastgras/petition.html
Qui a dit que la surface n’avait pas changé entre les 5 titres de Federer ?
http://fr.youtube.com/watch?v=soJ_FVnijAw