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Interview d’Emilio Sanchez

Après nous être intéressés à Laureus et à M. Kern, nous avons enchaîné avec une courte interview d’Emilio Sanchez, venu tout spécialement pour l’occasion.

Emilio SanchezEmilio, quelles sont tes activités aujourd’hui?

Je partage mon temps entre ma fonction de capitaine de l’équipe d’Espagne de Coupe Davis et la direction de mon académie de tennis [ndlr l’Académie Sánchez-Casal]. Elle compte actuellement 160 élèves. Parmi les plus connus, nous avons chez les filles Daniela Hantuchova, Svetlana Kuznetsova et, dernièrement, Ana Ivanovic. Chez les garçons, nous avons eu Andy Murray et Juan Monaco.

Pas Rafael Nadal?

Non, Nadal s’entraîne chez lui.

Est-il capable de rééditer son exploit de l’année dernière, à savoir atteindre une nouvelle fois la finale à Wimbledon?

Bien sûr. Et il est capable de la gagner, même contre Federer! Evidemment, s’il joue la finale contre Federer, ça sera un peu plus difficile mais il est tout à fait capable de gagner.

Comment analyses-tu les défaites successives de Roger Federer face à Rafael Nadal?

Quand Federer se retrouve face à Nadal, c’est comme s’il ne savait plus comment jouer. En fait, il oublie de jouer son propre jeu et non pas celui de Nadal. Pourtant, il ne commet pas cette erreur quand il affronte d’autres bons joueurs, comme par exemple Davydenko en 1/2 finale, à Roland-Garros.

Quand tu es poussé à tes limites, la seule façon de t’en sortir c’est de jouer à l’instinct, de revenir à ce que tu sais faire le mieux, à ton jeu naturel.

L’autre problème de Federer, c’est qu’il est moins fort physiquement que Nadal. Sur terre battue, ça ne pardonne pas.

Enfin, je pense qu’il manque encore à Federer l’intime conviction qu’il peut battre Nadal sur terre.

Il a réussi à Hambourg mais Nadal était un peu fatigué…

A Hambourg, ce n’était pas la fatigue. Là-bas, les infrastructures sont très spéciales (le court est parfois couvert par un toit), elles procurent des sensations très différentes des autres tournois sur terre battue: il n’y a pas de vent, la terre est plus sèche, plus rapide. C’est un ensemble de conditions qui font que Federer joue un peu comme en indoor. Ce n’est pas pour rien qu’il a gagné quatre fois!

As-tu assisté à la bataille des surfaces à Palma?

Non, car ce n’était pas un match officiel, c’était juste pour le “show”, pour faire plaisir au public. Ceci dit, je pense que ce genre de confrontations est risqué pour les joueurs; les changements successifs de surface, à un rythme aussi rapide, sont autant de risques de blessure.

 
Interview | Match de Gala

Interview de Jakob Hlasek

Nyon - L’attraction du match retardé entre Nyon et Montreux était certainement la présence aujourd’hui d’un certain Jakob Hlasek dans l’équipe des visiteurs. L’ex-n° 7 ATP a bien voulu répondre à quelques questions, entre son match de simple et celui de double.

Jakob, ce fut un match accroché et difficile aujourd’hui, en trois sets, comment l’as-tu vécu sur le court?

Ce match a été un challenge pour moi. Mon adversaire jouait bien et surtout, j’ai eu de la peine à faire la transition entre l’extérieur et l’intérieur, j’ai dû d’abord trouver mes marques sur cette moquette. [ndlr la rencontre devait normalement se dérouler sur terre battue, une surface lente, et a finalement été disputée sur moquette, une surface plus rapide]

Jakob HlasekTu as été breaké tôt dans le troisième set et le match aurait pu basculer à ce moment, qu’est-ce qui t’a permis de revenir?

Jusqu’à 3-1, mon adversaire a marqué quasiment tous les points importants et moi j’ai laissé passer ma chance sur une balle de break. Mais ensuite, j’ai fait un très bon jeu de retour avec deux ou trois bonnes relances et j’ai réussi à mon tour un break très net. En fin de partie, ça s’est joué sur quelques fautes de plus du côté de mon adversaire.

On se souvient de ton jeu chez les pros: très à l’aise en indoor et très souvent au filet; aujourd’hui pourtant, on ne t’a pas tellement vu au filet!

Oui, comme je l’ai dit, j’ai eu quelques problèmes d’adaptation à la surface aujourd’hui. Je n’ai pas réussi à prendre la balle suffisamment tôt pour monter dans de bonnes conditions.

Quelle est la vie de Jakob Hlasek aujourd’hui?

Je suis actif dans l’immobilier où j’ai placé un peu d’argent. Par ailleurs, j’ai encore quelques mandats dans le monde du tennis. Dernièrement, j’ai travaillé pour la Fédération Suisse de tennis, l’ATP ou encore l’UBS.

Comment fais-tu pour garder la forme?

Je fais du sport quatre fois par semaine: tennis, hockey, natation, golf. L’été, je joue encore pas mal au tennis, l’hiver une fois par semaine seulement.

Est-ce que tu suis les résultats de Roger Federer et des autres joueurs suisses sur le circuit?

Oui oui, je suis cela de près. Je connais tous les résultats des meilleurs joueurs suisses.

 
Interclubs | Interview

Interview Parlons Tennis: Ivo Heuberger

Lors de la première journée de la Coupe Davis, Parlons Tennis a rencontré Ivo Heuberger qui a eu la gentillesse de nous accorder quelques minutes pour une interview.

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Tout d’abord, qu’as-tu pensé du match et de la performance de Chiudinelli ?
Marco a fait un bon match dans sa tête, de plus sur surface rapide comme celle-ci, tout est possible. Il a très bien servi et a été très bon tactiquement.

Que fais-tu maintenant, depuis que tu as quitté le circuit pro ?
Je m’occupe maintenant de ma société que j’ai créée, Hi Pro. Il s’agit d’une ligne de vêtements techniques sports comme ceux de l’équipe de Suisse par exemple mais je m’occupe aussi de projets de gifts pour des compagnies qui souhaitent avoir une casquette, un baladeur mp3 ou tout autre produit. Ils n’ont qu’à choisir le logo et on s’occupe du reste.

Donc, ça marche ?
Oui, Hi Pro marche plutôt bien. De plus, j’ai maintenant les droits pour la coupe Davis et la Fed Cup pour les vêtements de l’équipe de Suisse.

Et sur le circuit ATP ?
Je souhaite avoir des stands à Basel et Gstaad ; globalement être le plus présent possible sur le circuit .

Combien as-tu d’employés ?
Pour l’instant j’ai 4 personnes qui travaillent pour moi. Environ 20% de mon temps est consacré au vêtement technique / sport mais les 80% restant sont consacrés au travail avec les entreprises pour les « spécial gifts »

Mais est-ce que le tennis ne te manque pas ?
Oui, le tennis me manque. D’ailleurs aujourd’hui j’aurais bien voulu jouer le deuxième simple ! Mais en 98 j’ai accumulé deux hernies discales et j’ai décidé de lancer la compagnie. Aujourd’hui cela fait 5 mois que j’ai complètement arrêté. Mais je m’occupe aussi de manager quelques joueurs comme Chiudinelli, Bohli, Lammer, Roshardt.

Quel avait été ton meilleur classement ?
Cela a été numéro 102. Pendant 8 ans j’ai oscillé entre la 102ème et 150ème place mondiale.

Coupe Davis aussi ?
Oui, j’ai été sélectionné 9 fois et j’ai joué quelques matchs (en 1997,1998, 1999 et 2004 - NDLR)

Et aujourd’hui, vis-tu toujours en suisse ?
Je vis en Suisse et aux Etats-Unis. Mon amie y est et j’ai aussi des projets professionnels là bas. Je vais aussi en Asie pour le business, rencontrer des fournisseurs…

Merci Ivo, à bientôt.

Parlons Tennis remercie Ivo pour cette entrevue et lui souhaite une bonne continuation

 
Interview | Portrait

Interview de Stéphane Bohli ATP 246

Stéphaneohli
Nous avons eu le plaisir d’interviewer Stéphane Bohli à son retour de New York, après avoir été contraint d’abandonner au second tour des qualifications de l’US Open sur blessure.

Parlons Tennis (PT): Que s’est-il passé?

Stéphane Bohli (SB): Quelque chose a lâché dans mon dos, je viens de passer une IRM et j’attends maintenant de revoir mon médecin. Le problème pourrait venir d’une hanche qui ne “bouge” pas tout à fait correctement. Je m’attends à un arrêt de trois ou quatre semaines au moins.

PT: Tout le monde confirme que tu t’es présenté à l’US Open en excellente forme, cet échec prématuré est donc une déception pour toi.

SB: Oui très grande. Je sais que je suis passé à côté de quelque chose. Je suis convaincu que j’aurais pu aller plus loin et m’offrir un premier tour contre Alberto Martin voire un second contre Andy Roddick.

PT: Qu’en est-il de ta carrière? Où en es-tu actuellement?

SB: Ces derniers temps, j’ai traversé des épreuves difficiles sur le plan personnel. Elles ont provoqué comme un déclic chez moi. Je sais désormais que ce que j’aime c’est le tennis et j’ai envie de ne faire que ça. Mon attitude sur le court a changé également. Auparavant, je cherchais seulement à “faire de bons matchs”. Depuis, j’ai pris confiance, je suis devenu conscient de mes capacités. Aujourd’hui, je n’hésite plus à m’aligner dans des grands tournois avec une attitude mentale de vainqueur.

PT: Qu’est-ce qui te manque pour franchir une nouvelle étape, pour envisager le top 100 (actuellement 244ème)?

SB: Rien. Mon jeu est en place. C’est maintenant une question de mental et je sais que je peux y arriver.

PT: Concrètement, comment se passent les qualifications à l’US Open, par rapport à un Challenger par exemple?

SB: Ca n’a rien à voir, les gens sont aux petits soins pour les joueurs, bien plus que dans les tournois plus modestes.

PT: Sur le plan pratique, qu’emportes-tu avec toi à New York?

SB: Mes raquettes bien sûr et l’équipement pour trois ou quatre matchs. J’emporte également mon ordinateur portable pour me divertir. J’avise ensuite.

PT: Financièrement, que représentent les qualifications d’un Grand Chelem?

SB: Par rapport à un Challenger, les primes sont plus intéressantes. Les points gagnés sont rapidement plus nombreux aussi, même en comparaison d’une victoire en Challenger (12 points).

PT: Comment un joueur comme toi finance-t-il son US Open?

SB: Il faut payer le coach. Personnellement, je le partage avec Michael Lammer. La pose des cordages sur place est payée par les joueurs. Pour l’hébergement, l’organisation du tournoi nous alloue un montant forfaitaire et chaque joueur choisit ensuite où il souhaite loger. Le voyage est à ma charge. Tout ce qui concerne les commodités, tels que les massages, la lessive, etc, est pris en charge par le tournoi.

PT: Qu’en est-il des interclubs? Les gains sont-ils intéressants?

SB: Moyennement. En tenant compte de mes dépenses (coach, voyages, etc) ça me permet de tenir quelques mois.

PT: Est-ce que tu disputes également des interclubs à l’étranger?

SB: Je joue les interclubs en Suisse et des contacts sont en cours pour la France.

PT: Comment s’établit le contact avec les clubs?

SB: Normalement c’est mon manager qui s’en charge.

PT: Comment envisages-tu la suite de la saison?

SB: Tout va dépendre de ma blessure et de mon rétablissement. Je pense que j’en ai pour trois ou quatre semaines. Ensuite, si tout va bien, je disputerai les qualifications pour le tournoi de Tokyo (deux tours) ainsi que pour celui de Moscou (trois tours).

PT: Pour l’instant, tu ne fais pas partie de l’équipe de Coupe Davis. Est-ce quelque chose qui te préoccupe?

SB: Pour l’instant je n’ai pas été approché mais ce qui m’importe est de continuer à travailler et de me concentrer sur mon jeu mais il est clair que s’ils viennent me chercher, je suis prêt.

PT: Comment vois-tu les performances de Roger Federer et de Stanislas Wawrinka ? Sont-elles une motivation pour toi?

SB: Ce que Roger Federer apporte au tennis suisse est inestimable. Cependant, je pense qu’il faut être réaliste, jamais je n’atteindrai son niveau. En revanche, Stan ( Ndlr: Stanislas Wawrinka) représente une très grande source de motivation pour moi. Il va encore progresser cette année et il vise désormais le top 20; malgré cela, mon but reste de me rapprocher le plus possible de lui.

PT: As-tu été l’objet de contrôles anti-dopage?

SB: J’ai été contrôlé deux ou trois fois cette année, de façon tout à fait inopinée. Dès que le contrôleur se présente, il ne te quitte plus jusqu’à ce que tu lui soumettes un échantillon. Ceci dit, je suis lié à une agence de nutrition et leurs produits sont garantis conformes. Je n’ai donc aucun souci de ce côté-là.

Au terme de cet interview, nous avons eu (Olivier et moi-même) le sentiment que Stéphane met tout en oeuvre pour atteindre son objectif.

Sa motivation est certaine, il ne cherche pas à se cacher derrière de faux prétextes, la sincérité le guide.

Nous lui souhaitons bonne chance dans sa conquête.

Merci à toi Stéphane pour ta disponibilité.

 
Interview | Portrait

Interview avec Chris Guccione

Chris GuccioneD’habitude, tout le monde se précipite sur le vainqueur du tournoi pour décrocher une interview. A l’initiative d’Alexandre, nous avons décidé de nous intéresser au finaliste de ce Geneva Challenger 2006, le géant australien Chris Guccione (200cm), et de lui poser quelques questions.

Parlons Tennis (PT): Chris, félicitations pour cette semaine, malgré la défaite en finale. Etait-ce ton objectif d’atteindre la finale voire de la remporter, ou ce résultat est-il une surprise?

Chris Guccione (CG): Quand tu participes à un tournoi, tu pars dans l’idée d’aller le plus loin possible, même de gagner le tournoi. Maintenant, je sais très bien que ce n’est pas toujours possible donc je suis très satisfait de ma semaine et de ce résultat. Ndlr: c’est le meilleur résultat de Chris Guccione en Challenger cette année.

PT: Qu’est-ce qui t’a manqué pour l’emporter dans cette finale?

CG: Très peu de choses finalement. Ca s’est joué sur des petits riens, quelques points importants que j’aurais dû mieux négocier, notamment dans le tie-break du premier set.

PT: Par moments, on t’a vu très à l’aise dans ton jeu d’attaque, puis, soudainement, revenir à un jeu de fond de court. Pourquoi n’es-tu pas monté au filet plus systématiquement?

CG: J’aurais bien voulu mais petit à petit, les balles devenaient plus lourdes à cause de l’humidité, elles étaient moins vives, rebondissaient moins bien. Par conséquent, mon adversaire avait plus de temps pour ajuster ses passing shots et ça devenait trop risqué pour moi. De plus, j’ai essayé de varier mon jeu pour qu’il ne puisse pas se régler sur une cible qui se trouve toujours au filet.

PT: Les spectateurs suisses commencent à bien te connaître: le match de Coupe Davis à Palexpo en février, le Geneva Challenger aujourd’hui. Est-ce qu’on aura la chance de te revoir souvent en Suisse? Ndlr: au micro lors de la remise des prix, Chris Guccione a reconnu qu’il ne savait pas trop à quoi s’attendre après le match de Coupe Davis mais il s’est dit agréablement surpris par l’accueil qui lui a été réservé.

CG: J’aime bien jouer en Suisse, je m’y sens bien. Si je le peux, je reviendrai y jouer.

PT: Quel est ton programme pour les semaines à venir?

CG: Je suis inscrit à un autre Challenger en Slovaquie et je dois jouer mon premier tour mardi. Ensuite, je pars pour les Etats-Unis disputer d’autres Challengers encore. Je retournerai chez moi, en Australie, en novembre seulement.

PT: Merci d’avoir répondu à nos questions et bonne chance pour tes prochains matchs.

 
Interview